vendredi 30 mars 2012

CEMAC : Bonne tenue de l’économie


Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) Lucas Abaga Nchama  a annoncé, mercredi dernier à Yaoundé, lors de la présentation des résolutions du Comité de politique monétaire (CPM) de la sous-région, la bonne tenue des économies de ces pays. Elles devraient enregistrer une croissance de 5,7% du Produit intérieur brut (PIB) réel, une amélioration des comptes publics extérieurs et monétaires.

L’excédent budgétaire est passé en 2010 de 1% du Pib à 3,7% en 2011. Durant la même période le déficit du compte extérieur courant s’est réduit alors que le taux de couverture extérieure de  la monnaie s’est maintenu à 98,8%.

Ces prévisions accusent toutefois une baisse par rapport aux projections de décembre dernier du CPM qui tablaient sur un taux de croissance d’environ 6% en 2012 contre 4,8% en 2011 et 3,9% en 2010.

Pour 2012, les pressions inflationnistes, en baisse, devraient se situer à 1,7% contre 2,2% l’année dernière. Le gouverneur de la BEAC prévient toutefois contre  les  dérives inflationnistes bien que le taux prévu (2,8%) soit en deçà de la norme communautaire.

N’ayant pas subi de plein fouet la crise économique et  monétaire internationale, la sous-région fonde son optimisme sur la bonne tenue de la production pétrolière et du développement de projets structurants.

Ainsi la BEAC a décidé de ne pas changer les conditions de son intervention  aux  banques, les taux d’intérêt sur placements publics, les coefficients et le taux de rémunération des réserves publiques.

Il regrette le manque de dynamisme du marché interbancaire de la sous-région et les faiblesses au niveau de la collecte de l’information bancaire et économique.

jeudi 29 mars 2012

La CEDEAO veut asphyxier financièrement le Mali


La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) a eu la main particulièrement lourde contre la junte au pouvoir au Mali.
A la fois excédés d’avoir été empêchés par des manifestants pro-junte qui ont occupé le tarmac de l’aéroport de Bamako Senou et sous l’influence du président ivoirien qui préside désormais la conférence des chefs d’état de l’organisme régional, les six chefs d’Etat mandatés à cet effet, réunis à Abidjan, ont  décidé jeudi de geler les avoirs du Mali à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) et de ne plus approvisionner les banques privées nationales. Ces deux mesures, particulièrement sévères vont être appliquées pour la deuxième fois. La première fois, elles avaient frappé et éprouvé le pouvoir de Laurent Gbagbo qui avait du réagir par un passage en force, en s’emparant des avoirs à l’agence nationale de la BCEAO et dans les banques privées. La mesure contre le régime Gbagbo portait la main d’Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la BCEAO et donc très au fait des finances régionales et donc de la manière dont elles peuvent être utilisées efficacement pour parvenir à l’asphyxie financière d’un pays. C’est une nouvelle jurisprudence contre les auteurs de coup de force qui s’établit donc ainsi.
Au fil du temps, la Côte d’Ivoire, mieux dotée que le Mali du point de vue financier, a eu de plus en plus de mal à assurer la paie des fonctionnaires. Le Mali a la particularité d’avoir des commerçants qui fonctionnent beaucoup au cash. De leur coopération ou non avec la junte dépendra donc l’ampleur des effets de la mesure communautaire, mais il ne fait pas de doute, que c’est une hypothèque supplémentaire sur les auteurs du coup d’Etat.
Autre mesure de conséquence immédiate, la fermeture des frontières et des ports au Mali. Des problèmes d’approvisionnement risquent de se poser rapidement à un pays sans débouché maritime.
Les autres mesures sont plus symboliques. Qu’il s’agisse de suspension du Mali de toutes les instances de décision de la CEDEAO, du rappel des ambassadeurs de la CEDEAO pour consultation, de l'interdiction de voyager dans l'espace ouest- africain pour les responsables de la junte militaire et du gel des avoirs des responsables du Comité national de redressement de la démocratie et du rétablissement de l'Etat (CNRDRE) dans les pays membres de la CEDEAO qui ne doivent guère exister ou alors très peu.

Mali : le Canada condamne le coup d'Etat


    Le Canada "condamne avec la grande fermeté le coup d'Etat" survenu au Mali le 22 mars dernier et demande à ses acteurs de "se retirer immédiatement, pour que l'ordre constitutionnel, la paix et la stabilité puissent être rétablis" dans ce pays, selon un communiqué de presse du ministre des Affaires étrangères John Baird  et de la ministre de la Coopération internationale, Beverly J. Oda, en date du 27 mars 2012.
     Le texte de ce communiqué fait état d'une "suspension immédiate de la coopération au développement" avec le Mali et qui comporte des paiements directs au gouvernement malien".
     Il précise que "ces programmes qui visaient à réduire la pauvreté, à améliorer la santé des femmes et des enfants, et à soutenir la démocratie au Mali, se sont avérés remarquablement efficaces au fil des ans", comme il en était "des efforts pour aider le Mali à lutter contre le terrorisme international".
     "Toutefois, souligne le document, les programmes de l'Agence Canadienne de Développement International (ACDI), exécutés par des ONG locales et internationales se poursuivront, y compris les programmes d'aide humanitaire directe au peuple malien".

Sénégal : Le gouvernement démissionne


Le Premier ministre  Souleymane  Ndéné  Ndiaye  a présenté, ce jeudi, lors du conseil des ministres qui s’est tenu au Palais de la République, sa démission ainsi que  celle de son gouvernement, au président sortant Maître Wade. Après l’avoir acceptée, il a recommandé aux ministres de manifester leur disponibilité  au prochain gouvernement  par leurs conseils et  avis à chaque fois que cela est nécessaire.  A cet   effet, le président de la République leur a interdit de critiquer ou de commenter les actes du nouveau gouvernement afin de leur donner le temps de s’imprégner des dossiers. Le Chef de l’Etat  a également fait part de  sa disponibilité d’accompagner le Sénégal dans son développement et sa quête de progrès. Il a  par ailleurs annoncé qu’il effectuera ce lundi le petit pèlerinage aux lieux saints de l’Islam. 

Mali : 7 mouvements africains des droits de l'homme condamnent le coup d'Etat


    Sept mouvements africains de défense des droits de l'homme condamnent le coup d'Etat perpétré au Mali le 22 mars dernier et exigent le retour à l'ordre constitutionnel.
       Il s'agit de la RADDHO ( Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme), du Forum de la société civile de l'Afrique de l'Ouest (FOSCAO), du Reseau Ouest-africain des Défenseurs des Droits de l'Homme (ROADDH-WAHRADN), de la Ligue Sénégalaise des Droits de l'Homme ( LSDH ), du Centre féminin pour la Démocratie et les Droits humains (en Côte d'Ivoire), du M23 (Mouvement du 23 juin) du Sénégal et du RND ( Rassemblement National Démocratique ), parti politique, également du Sénégal, réunis à Dakar ce mercredi et qui ont fait paraître une déclaration.
        Dans celle-ci, ils "exigent également le retour des militaires dans leurs casernes, la libération sans condition de toutes les personnes arbitrairement détenues et l'arrêt immédiat des violations des droits de l'homme relatives aux braquages, au pillage des ministères et des maisons de ministres".
        Ils appellent aussi "la CEDEAO, l'Union Africaine et la Communauté internationale à apporter leur soutien au Mali pour le retour de l'ordre constitutionnel et, au besoin, à invoquer le chapitre V de la Constitution de la CEDEAO, relatif à l'envoi de forces  d'intervention."